Le Paradis Haitien Le Paradis Haitien

Et si l’art nous interpellait autrement ?

Qu’est-ce qu’une ville sans des artistes ? Qu’est-ce que nos murs sans une dimension esthétique ? Qu’est-ce que nos rues sans tous ces espaces communs qui nous rassemblent devant une œuvre-d‘art ? Qui sommes-nous sans l’art ? Sans cette possibilité d’expression? De combat? De révolution ? De grandeur d’âme ? D’amour ?

Haïti est un spectacle de productions artistiques.

Un vaste champ où l’on récolte des idées. Depuis très longtemps, une grande spontanéité s’active dans nos rues où l’expression populaire de nos peintres et artisans crée un tapis merveilleux. Partout en provinces et surtout dans la capitale, des œuvres sont exposées sous diverses formes; vases en argiles, bijoux créoles, peintures sur vêtements, encadrements de photos en bois, toiles peintes accrochées dans des supports etc. Nous sommes gâtés par les multiples couleurs qu’ils nous apportent au quotidien, leurs époustouflants talents, leurs inspirations les plus profondes. On ne peut pas s’empêcher de se laisser entraîner dans cet univers magique où c’est vrai, il ne s’agit pas d’une galerie formelle avec d’énormes manifestations artistiques de peintres professionnels mais où les gens comme nous, amateurs ou de simples curieux pourront admirer sans aucun prix des œuvres dans ce salon d’art qu’est nos rues haïtiennes.

Cette vitalité est particulière. Les artistes s’adonnent à de grands manèges esthétiques pour attirer notre attention. Ils ont besoin de nous pour faire exister leurs arts à travers le temps et l’espace, pour avoir cette même envie tenace de continuer, pour répondre à d’autres besoins, car s’il est indéniable qu’ils ne sont pas toujours très raffinés dans leurs travaux et que ce ne sont pas des Philomé Obin, des Marilène Phipps, des Dieuseul Paul ou autres peintres connus, il faut quand bien même donner à ces créations artistiques ce qu’elles sont. Ce qui est intéressant, c’est que ces artistes dans l’âme, bacheliers ou analphabètes, jeunes ou vieux, savent jouer avec l’extrême; dont les sourires des gens, les pleurs des gamins, les bruits des klaxons, les crissements de pneus, les regards des passants, les colères et les injustices dans l’existence, les absurdités déconcertantes, les mots grossiers ou gentils, les phrases simples ou tarabiscotées, les gestes les plus tendres et les plus insensés mais surtout les joies les plus sincères pour écrire ce roman marquant, extraordinaire, regorgeant les scènes les plus captivantes pour offrir du merveilleux à ceux qui en veulent en quantité.

Justement, c’est exactement cela notre responsabilité en rapport à ces artistes; les soutenir. La plupart ne vivent que de ça. Les accompagner dans leur quête de l’amélioration de leur vie, c’est là une mission parfaite. Ils partent très tôt chez eux pour exposer ces œuvres qui, ils espèrent seront vendues au cours de la journée. Qu’il s’agit d’artistes avec un brin de professionnalisme ou ceux qui travaillent par obligation des circonstances et peut-être par de véritables passions, ils ne manquent pas de détermination. Par contre, leurs œuvres reflètent Haïti à travers sa culture, ses rêves, ses personnages, son espace géographique. Dans les toiles sont représentées les fêtes champêtres, le carnaval, le paysage haïtien, il en est de même pour les productions artisanales. Ils ne sont certainement pas toujours appréciés par de très grands critiques de l’art, ils ne sont pas très demandés à des expositions ou des vernissages, ils ne sont pas dans les salons des gens fortunés ou des fins connaisseurs de l’art, ils n’émerveillent pas toujours puisque beaucoup n’ont pas à la base de grandes techniques de la peinture, et bien sûr, ce sont des débrouillards qui utilisent les méthodes les plus variées et toutes sortes de matériaux pour aboutir à une œuvre quelconque, mais savez-vous ce qui fait la beauté de toutes ces créations ?

C’est le temps qu’ils en ont mis. L’énergie qu’ils ont dépensés. L’amour de pouvoir produire. Le courage de travailler. Ce souci d’utiliser les moyens positifs à bord pour combler leurs besoins économiques. Où sommes-nous dans tout ça ?

Juste au milieu. C’est-à-dire dans chaque petite occasion que nous trouvons pour supporter nos artisans de rues. Ils sont les éléments essentiels de cet extraordinaire décor et l’expression de ces gens livrés à eux-mêmes dans notre société mais ayant d’énormes capacités et un fort niveau de créativité. Tout ce dont ils ont besoin pour mieux avancer, c’est un peu plus de structures et de soutiens de la part des principales instances concernées de ce secteur, en l’occurrence le Ministère du Tourisme et le Ministère de la culture et de la communication.

Partager
À propos de l'auteur
Nephtalie COLAS
Nephtalie COLAS

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Laissez un commentaire

Publié récemment

Pour l’Histoire et la Mémoire Collective | Revenons sur les années noires du régime Duvalier pour éclairer le présent et dessiner l’avenir d’Haïti.

Dans une démarche citoyenne empreinte de devoir de mémoire, Le Paradis Haïtien (LPH), en collaboration avec la Fondation Devoir de Mémoire, a organisé une journée historique et culturelle de grande envergure. Intitulée « Journée de Mémoire et de Réflexion », cette initiative, placée sous le thème évocateur « Devoir de mémoire : revisiter les exactions et les actes barbares des Tontons Macoutes en Haïti », a ouvert un espace puissant de réflexion, de partage et de transmission intergénérationnelle. Une démarche essentielle pour que jamais ne s’effacent les sombres heures de la dictature. Le régime des Duvalier, qui a plongé Haïti dans près de 30 années de terreur, reste gravé dans la mémoire collective comme l’une des périodes les plus sanglantes de l’histoire nationale. De 1957 à 1986, de François "Papa Doc" Duvalier à son fils Jean-Claude "Bébé Doc", la nation a vécu sous le joug d’un pouvoir autoritaire, maintenu par la peur, les assassinats, la torture et les disparitions orchestrées par la milice des Tontons Macoutes. Le choix du lieu n’était pas anodin : le siège de la Fondation Devoir de Mémoire, à Pétion-Ville, un site lourd de symboles et chargé d’histoire, où les murs racontent encore les cris étouffés de centaines de victimes, issues de toutes les couches sociales. Plus d’une cinquantaine de jeunes participants ont ainsi pu découvrir ce pan tragique de l’histoire haïtienne à travers une visite guidée immersive, retraçant les atrocités perpétrées sous le régime des Duvalier, une mémoire douloureuse, mais indispensable. Moment fort de la journée : la projection du film-documentaire "Le Règne de l’impunité" du cinéaste engagé Arnold Antonin. Avec une force brute et une émotion palpable, le film dévoile les réalités brutales de la dictature, éveillant les consciences et alimentant des échanges passionnés autour de l’impunité persistante. La culture a également trouvé sa place au cœur de la commémoration. La musique des tambours de Youry Vixamar, vibrante et pénétrante, a donné le ton à des performances artistiques qui ont permis aux jeunes de s’exprimer librement, entre mémoire et création, entre douleur et espoir. On ne peut parler de cette époque sans évoquer les nombreuses voix étouffées. Des journalistes courageux, comme ceux du journal féministe L’Escale, ont payé de leur liberté leur engagement. Des lieux sinistres, tels que Fort Dimanche, rappellent encore aujourd’hui l’horreur d’un pouvoir sans pitié. Du Nord au Sud, dans chaque province, des familles portent encore le deuil de leurs disparus. Trente-neuf ans plus tard, alors qu’Haïti est à nouveau plongée dans une crise profonde, marquée par une insécurité extrême, des violences généralisées et une érosion des droits fondamentaux, ce devoir de mémoire prend tout son sens. Les rues se vident de vie, les cadavres s’amoncellent, et l’espoir semble s’éteindre un peu plus chaque jour. Par cette journée, Le Paradis Haïtien a voulu réveiller les consciences, surtout celle de la jeunesse, pour rappeler que le silence, l’oubli et l’inaction sont les plus grands alliés de l’oppression. Il s’agissait de rendre hommage aux résistants, à ceux qui ont payé de leur vie leur soif de liberté, mais aussi de lancer un appel à l’engagement, pour bâtir ensemble un avenir juste, solidaire et démocratique. Nou pa dwe bliye. Nou pa kapab bliye. Le Paradis Haïtien pa p bliye di Fondation Devoir de Mémoire Haiti, mèsi! Pou n leve tèt nou, fòk nou sonje. Pou n sonje, fòk nou aji ansanm!

Teknoloji ak inovasyon se de (2) pami zouti ki kapab ede konstui ak ranfòse Naratif Ayisyen an

« Dekouvri, Konnen, Vann Ayiti », se yon emisyon odyovizyèl Le Paradis Haitien vini ak li nan sousi pou ede konstui pi byen ak ranfòse Naratif Ayisyen an ; ki se yon konsèp kominote sila a ki charye valè ayisyèn yo, yon tandans ki vini pou pote sipò nan konstui idantite nou kòm pèp. Asavwa yon peyi ki ekziste pou kapab defann, fè pwomosyon egalite ras moun ak ekite jan. Nan sans sa, emisyon sila a, se yon emisyon mansyèl ki vize chita pale avèk chak grenn aktè, pwofesyonèl an Ayiti ki ap evolye nan domèn (sektè) pa yo ; pou vin pale, diskite de li, epi wè kòman domèn (sektè) sa kapab ede pi byen konstui ak ranfòse Naratif Ayisyen an. Alòs premye nimewo emisyon sila a te fèt avèk Marc Alain Bourcicault ki se Fondatè ak PDG Banj ; ki t ap pale ak diskite de teknoloji ak inovasyon epi gade kijan de (2) zouti sa yo kapab patisipe nan konstui yon pi bon naratif sou Ayiti. « Anpil fwa lè moun ap defini Ayiti, yo defini l avèk yon pèsepsyon negatif : se yon peyi enstabilite, se koripsyon, se vyolans, se povrete. Men gen kèk moun tou lè y ap defini Ayiti yo fè referans avèk bèl montay, bèl peyizaj, bèl lanmè, bèl plaj men nou rete kwè Ayiti vo plis ke sa. » Se deklarasyon Gladimy JEAN, Fondatè / PDG Le Paradis Haitien ak prezantatè emisyon « Dekouvri, Konnen, Vann Ayiti » a. Selon li, emisyon sila a, se yon emisyon ki vini nan lide pou ede pi byen konstui ak ranfòse Naratif Ayisyen an. Pou PDG Le Paradis Haitien an, se parapò avèk istwa Ayiti ki gen anpil valè a ; mete sou kilti li ki chaje koulè, gastwonomi li, patrimàn li yo epi eritaj li ki te fè l sa l ye a. Men jounen jodi a, move naratif ki gen sou peyi a afekte vokasyon sa yo. Li souliye pi lwen se pou ansanm rezon sa yo, ki fè kominote sila a kwè se yon ijans pou patisipe nan ede chanje move naratif sa. Daprè li, se yon travay ki ap rive posib nan ede youn ak lòt konprann pi byen kiyès nou ye antanke pèp ki fyè, nan redefini tèt nou, ak redekouvri tèt nou. Gladimy JEAN, yon lòt kote souliye lè y ap pale de konstui yon pi bon Naratif sou Ayiti a, anpil fwa gen moun ki gen tandans lese responsabilite a sou do yon moun, yon ti gwoup moun oswa yon enstitisyon. Men selon li, ekip Le Paradis Haitien an rete kwè responsabilite sila a, se responsabilite tout moun, tout enstitisyon, tout gwoupman, nan patisipe nan konstui yon pi bon naratif sou Ayiti. Sou bò pa li Fondatè/PDG Banj la, Marc Alain BOURCICAULT, naratif la se yon eleman ki enpòtan pou li, ak pou tout istwa lavi li epi li te travay pou l te kreye moun li ye jounen jodi a. Li ale pi lwen pou l di « youn nan eleman ki te enpòtan pou mwen, se kijan mwen te kapab itilize rezo sosyo yo, kijan m te kapab konstui yon naratif . »

KREYÒL, YON LANG YON PÈP !

Pou lanmou lang manman nou kreyòl. Pou sila yo k ap batay pou ba l jarèt ! Li te ka sèlman yon mwayen pou di kichòy, yon fason pou lide nou fè chimen e menm pi bon fason pou layite nannan panse n. Li te ka tout siy ak senbòl ki manifeste langaj nou, ki kreye diferans ant pale n ak pale lòt kretyen vivan sou tè a. Menm jan an tou, li te ka limite avèk yon bann akò, règ gramatikal, yon latriye mo ki fòse nou fè yon itilizasyon òdinè e menm sipèfisyèl pou tante kenbe l vivan. Poutan, esans li depase tout detay ki senp. Li se vwa nou. Raj kap bouyi anndan n. Ansyen doulè nou yo ki makònen ak anvi pou n ret vivan. Yon fenomèn konplike ki donnen yon atachman solid, sa vle di youn nan pi gwo lyen ki kenbe nou konekte youn ak lòt. Se nan melanj plizyè varyete lang zansèt nou yo ak fransè kolon an, met sou li san viktim yo, dwa lavi ou lanmò sou yon bann inosan, dwa pou deside ki chatiman ki rezève pou swadizan peche yo fè, dwa pou deside nan plas yo sa kap bon pou yo, kreyòl la pran nesans. Se pa yon lang ki prezante kalite estetik sèlman pou etone moun, se yon mwayen rezistans ak rebelyon fas a yon sistèm kriminèl ki tap toupizi nou. San okenn chita pale, etranje yo enpoze gran paran nou yo yon desten. Nan anyen, yo pa ensilte entèlijans ak bon sans lè yo te deside bay lavi a yon lang yo tout ka manipile san difikilte, nan lide pou chape anba tretman pèsonn pa gen dwa enflije yon lòt, sou pretèks li pi plis pase l. Pale kreyòl se pale ak nanm nou, se pale ak emosyon okenn lòt lang p ap pèmèt nou. Se pale ak fason nou wè mond lan. Se pale ak konsyans nou, ak tout sa ki defini n. Se di byen fò kalte batay n ap mennen chak jou, se di byen fò tout sa n dwe ye, tout sa n vle ye. Kelkeswa kreyòl la, se menm koulwa limyè a, se menm fyète a, se menm fòs la ak menm lanmou an. N ap pale kreyòl pou prezève richès sila. N ap pale kreyòl pou konsève pati sa nan idantite n. N ap pale kreyòl pou n kontinye reziste fas a esklavaj lengwistik la ak sistèm k ap fè n konprann nou pi moun, pi prezantab, pi entèlijan si n eksprime n nan lang mouche blan an. N ap pale kreyòl nan non tout grandèt ki te batay pou nou, ki te kase chenn nan pye n, ki te ban nou libète pou n pale menm jan ak tout pèp nan yon lang ki pou nou, ki rele nou chè mèt, chè mètrès. N ap selebre l toupatou. N ap selebre l chak jou, nap selebre l tout jan. N ap selebre l ansanm. Se lang mizè nou. Se lang espwa n. Se sèl lang ki bann posiblite pou n di sa n panse san wout kwochi. Se yon lang ki chaje ak mizikalite e se alafwa yon pakèt tradisyon oral, eritaj onèt ak chay lavi nou. Se posiblite pou n reyenvante n e pwogrese chak jou pi plis. Se nou menm, sou yon lòt fòm!

PAPJAZZ 2026, un espace de grande cohésion sociale porté par la culture et la musique

PAPJAZZ 2026, un espace de grande cohésion sociale porté par la culture et la musique Du 7 au 10 janvier 2026, Port-au-Prince a renoué avec son souffle créatif à l’occasion de la 19ᵉ édition du PAPJAZZ, le plus grand festival de jazz d’Haïti et l’un des rendez-vous culturels majeurs de la Caraïbe. Dans un contexte national éprouvé, le festival s’est affirmé comme un acte de foi artistique et citoyen, un espace de résistance symbolique où la musique, l’art et la rencontre ont repris leurs droits. Le PAPJAZZ n’a pas seulement eu lieu : il a réaffirmé la puissance de la culture comme langage commun, capable de rassembler, de rallumer les cœurs et de redonner à la ville le sens et l’importance de la cohésion sociale dans un environnement profondément multiculturel. Pendant quatre jours, le festival a transformé la capitale en un carrefour sonore et humain, où jazz contemporain, Kreyòl Jazz, musiques rasin, reggae, rara, soul et improvisations audacieuses ont dialogué sans frontières. Des artistes venus d’Haïti et de sa diaspora, d’Espagne, des États-Unis, de France, du Mexique et de La Réunion ont partagé la scène, affirmant le PAPJAZZ comme un espace de circulation des imaginaires créoles et afro-diasporiques. Les territoires se sont rencontrés par le rythme, et les langues, créole, Anglais et français, ont cohabité naturellement, sans hiérarchie ni dissonance, donnant corps à une cohésion sociale vécue. Cette édition a été marquée par un moment particulièrement fort : le retour sur scène, en Haïti, d’artistes ayant quitté le pays depuis de nombreuses années. La présence de BélO, d’Émilie Cadet, absente du territoire depuis plus de six ans, d’Eddy François et de bien d’autres a donné au PAPJAZZ une portée symbolique profonde. Le festival est ainsi devenu un espace de retrouvailles, un pont vivant entre Haïti et sa diaspora, rappelant que vivre en dehors du pays n’efface ni l’appartenance ni l’engagement affectif envers celui-ci. Ces retours ont suscité une émotion collective intense et ont renforcé l’idée qu’Haïti demeure un lieu de rassemblement possible, malgré les fractures. La richesse et la cohérence de la programmation ont accompagné cette dynamique fédératrice. Des performances lumineuses de Valérie Chane Tef aux prestations habitées de BélO, de l’énergie rasin de Pawòl Tanbou, Titi Congo et Eddy François aux explorations jazz-fusion de Deep Pockets, Zanmitay ou Studiofest Band, chaque soirée a proposé une traversée émotionnelle singulière. Les collaborations avec Alexa et Riva Précil ont ajouté une profondeur intime et spirituelle, rappelant que le jazz, au PAPJAZZ, est à la fois une musique et un langage de l’âme, capable de créer du lien au-delà des différences. Moment de mémoire et de recueillement, cette 19ᵉ édition a également rendu un hommage poignant à Dadou Pasquet et à Dieudonné Larose, figures chères à l’histoire musicale et culturelle haïtienne. À travers ces hommages, le festival a rappelé que la création s’enracine toujours dans la mémoire collective et que la cohésion sociale se nourrit aussi de la reconnaissance de celles et ceux qui ont ouvert la voie. Cette mémoire partagée a donné au festival une profondeur supplémentaire, reliant passé, présent et avenir dans un même élan. Au-delà des concerts, le PAPJAZZ 2026 a pleinement assumé sa mission de transmission et de formation. Masterclass, ateliers pédagogiques et rencontres, notamment celle animée par le guitariste mexicain Daniel Torres, ont témoigné de la volonté de la Fondation Haïti Jazz de renforcer les compétences locales et de préparer l’avenir musical du pays. Le festival s’est ainsi affirmé comme un espace d’apprentissage, de dialogue intergénérationnel et de valorisation du savoir artistique, contribuant durablement au tissu culturel et social. Cette dynamique de cohésion a été rendue possible grâce à une collaboration étroite entre la Fondation Haïti Jazz, ses partenaires et plusieurs représentations diplomatiques. Mme Ana Santos, chargée d’affaires à l’Ambassade d’Espagne en Haïti, a souligné que, malgré la situation difficile du pays et de Port-au-Prince, le festival a pu avoir lieu grâce à l’engagement collectif, ajoutant que le public nombreux et engagé témoigne de la force du PAPJAZZ. Mme Joanna Gomez Rodriguez, cheffe de mission adjointe de l’Ambassade du Mexique, a pour sa part salué l’énergie exceptionnelle du public, rappelant que ces soirées intenses donnent tout son sens au travail accompli. L’artiste BélO a exprimé avec émotion que le PAPJAZZ nourrit chaque jour l’espoir qu’il porte pour le changement en Haïti, un espoir qui, selon lui, ne se perd pas. Enfin, M. André François Giroux, Ambassadeur du Canada en Haïti, a affirmé la fierté de son pays de s’associer à un événement extraordinaire, réitérant sa foi en une Haïti libre, ouverte et prospère. Fidèle à sa vocation inclusive, le PAPJAZZ a réuni presque toutes les composantes de la société haïtienne : enfants et parents, artistes et professionnels, classes moyennes, acteurs culturels, artisans et créateurs. Musique, peinture, artisanat et échanges humains ont cohabité dans un même écosystème, renforcé par une démarche écoresponsable affirmée. En assurant la promotion et la couverture de l’événement, Le Paradis Haïtien a accompagné cette traversée artistique et humaine, captant images, voix et émotions pour nourrir un narratif haïtien fondé sur la dignité, la créativité et la beauté. Le PAPJAZZ 2026 restera ainsi comme une démonstration éclatante : malgré les épreuves, Haïti continue de se rassembler, de croire en elle-même et de dialoguer avec le monde par la musique, l’art et une cohésion sociale vivante et résolument tournée vers l’avenir.

Publié récemment